Visite des classes sur le festival - Atelier 4

Atelier 4 : Dix au carré

(ou autoportrait de l’artiste en pavé)

Présentation du projet par Gérard Bastide :



Extrait d'échanges entre l'artiste et les élèves:





(99 cubes de bois, un cube de granit, ferrailles de chantier, peinture noire, huile de coude)







​Réactions des classes :

Bonjour, 

Nous avons rencontré Gérard Bastide au festival, il nous a demandé à chacun de choisir un cube de bois avec une barre en fer. Il nous a expliqué qu’il voulait les placer en 10 rangées de 10. Chaque objet représente une personne, un humain. Il voulait dire que nous sommes tous différents, mais on est tous de la même espèce, on est tous pareils, on se ressemble tous, on a tous envie de manger, de boire, de s’amuser, de vivre dans la joie, de faire ce qu’on aime, d’être libre et heureux. Nous avons beaucoup apprécié cette rencontre, et les questions qu’il nous a posées. 
La classe de CM1 de Peyrole


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Bonjour, 

Gérard Bastide était drôle et avait beaucoup d’humour. C’est un artiste qui a exercé plusieurs métiers, nous l’avons reconnu dans l’un des reportages de l’exposition « écrivains reporters en herbe 3 » que nous avons vue au festival. Il avait été interviewé par une classe l’année dernière. Au début de l’atelier, nous avons commencé par choisir un cube parmi tous ceux qui étaient exposés. Des cubes en bois avec de la ferraille de chantier incrustée tordue dans tous les sens. Nous prenions celui que l’on préférait par sa taille, sa forme, son poids. Il nous demandait pourquoi on avait choisi notre cube, si on répondait parce qu’il est gros, l’artiste nous disait « Alors toi aussi tu es gros ! » et cela nous faisait rire ou bien on se sentait un peu offensé. Il avait fait son autoportrait avec un cube différent, un cube en granit car il voulait être sûr de durer longtemps !! Il nous a expliqué son œuvre, il avait voulu représenter l’humanité dans sa diversité pour fêter les dix ans du festival, « Dix au carré » cent personnes. D’un regard extérieur, on voyait un simple cube mais d’un regard plus approfondi c’était un humain. Il nous posait des questions comme : « Combien y a-t-il de personnes sur 100 qui sont … ? » Il nous donnait alors le pourcentage que cela représentait. Cela pouvait être : des femmes, des petits, des grands, des handicapés, des pauvres, des riches, des noirs, des blancs etc … Il nous a expliqué qu’on était tous différents, chacun avec sa personnalité. Grâce à Gérard bastide, nous avons ainsi appris beaucoup de chose sur notre humanité et sur nos différences. 
La classe des CM2 de Peyrole

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Bonjour,

Gérard Bastide est un sculpteur. Il nous a expliqué qu’il avait commencé par fabriquer dix cubes mais il a trouvé ce nombre faible. Il l’a alors multiplié par 10 : Dix au carré est égal à 100. Ses cubes étaient tous différents : des grands, des petits, des tordus, des gros, des maigres, … un peu comme nous. Il nous a posé la question principale : « Que représentent ces cubes ? ». Ces cubes représentent des humains. Nous avons ainsi appris qu’il y avait beaucoup de personnes sur Terre (environ 7 milliards), des hommes, des femmes, des riches, des pauvres, des personnes handicapées, des personnes âgées, des enfants, des adultes, … . Ce sont tous des hommes mais ils ont tous leurs particularités. Nous avons bien apprécié cette présentation car grâce à ces cubes nous avons pu imaginer ce que nous voulions. 
La classe de CM2 de Jules Ferry

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Bonjour monsieur Bastide ; 

A partir de votre œuvre, nous avons chacun écrit un texte à la première personne du singulier pour exprimer nos ressentis. Nous nous sommes mis à votre place... Voici le texte de Basile, le choix était difficile car tous nos textes exprimaient des émotions. Mais il fallait répondre dans les temps. La prochaine production sera collective, à partir de nos textes individuels. A très bientôt; 
Les élèves du cm2 de l'école primaire Henri Matisse 

Quand la matière sort de la tête, elle n’est plus à personne. Elle est à celles et ceux qui la récupèrent. Moi, je la détiens et la façonne. Je la fonds et la découpe. Je crée. L’Homme est libre. Certains disent que je suis un attrapeur de matière. Je flâne sur le métal avant de partir vers une cascade de bois. Pour un texte, le support est le papier et les mots l’ornement. Chez moi, le support est le bois et le fer l’ornement. Je taille le bois si vigoureusement que je ne vois plus le temps s’écouler. Le métal fondu se tord en tous sens. La fusion entre ces deux matériaux compose une explosion d’art. Je ronronne de bonheur à l’idée d’instaurer une création débordant de beauté, d’originalité et surtout de montrer notre égalité envers et contre les différences. 

Basile - CM2

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Bonjour à tous, 

Lors de notre visite au Festival « Echos d’ici, Echos d’ailleurs », nous avons savouré l’atelier de Gérard Bastide parce que cet artiste a de l’humour, il est rusé, souriant et il nous questionnait sur le monde. A son arrivée, Gérard Bastide nous a proposé de choisir une de ses œuvres originales. Quelques élèves ont exprimé leurs sensations : « Quand j’ai choisi mon cube, j’ai eu l’impression qu’il est venu tout seul vers moi, mais je n’ai pas osé le dire. » « Et moi, j’ai pensé que c’était lui qui m’avait choisi. » Gérard Bastide nous a, ensuite, révélés qu’il avait personnifié ses 99 cubes en bois, et ceux que nous avions adoptés nous ressemblaient un peu intérieurement et extérieurement. Nous ne les avions donc pas sélectionnés au hasard. Cet atelier était bien réel mais en même temps fantastique. Gérard Bastide aurait-il utilisé la formule magique suivante pour créer ses sculptures ? 10 ² = 99 cubes de bois + 1 cube en granit + 100 bouts de ferrailles + 2 pots de peinture noire + 1 litre d’huile de coude + de la détermination + quelques rêves + une petite touche d’humour. 
Les CE2-CM1-CM2 de Saint Affrique les Montagnes

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Bonjour, 

nous n'avons pas (encore) rencontré Gérard Bastide. Notre réponse est donnée sous forme de miscellanées de réactions. Les 100 cubes, cela représente le monde entier : les formes en ferraille ne sont jamais identiques. Le visuel est simple mais dans la pensée ce n'est pas simple ! Cela a été très réfléchi. Cette oeuvre nous fait penser à toute l'humanité : les noirs, les blancs, les jaunes, les rouges ...Il (GB) a sûrement voulu nous dire que tous les humains sont différents mais que nous nous ressemblons tous. Monsieur Bastide, pourquoi vous vous représentez en granit ? Merci de nous avoir fait partager cette oeuvre.
La classe de l'école de Florentin

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Bonjour, 

"Dix au carré" est une exposition originale mêlée d'imagination et de poésie. Des cubes de bois et des bâtons de fer représentent l'humanité, avec ses différences et ses ressemblances. Gérard Bastide est à sa manière un inventeur "extrapoleur", jouant avec les mots. Expliquant avec son accent méridional sa vision du monde. Un moment simple, de bonheur ludique partagé, avec humour. 
Classe de CM de Giroussens


Réactions de Gérard Bastide aux commentaires des classes :

Bonjour les enfants,

je suis épaté soufflé scotché bluffé émerveillé par la qualité de vos remarques et de vos interventions. Toutes vos réflexions sont très fines et pertinentes. Bien plus que celles des quelques adultes
qui ont bien voulu faire un commentaire. C'est normal, les adultes sont stressés-pressés, ils ont vu tant de choses dans leur vie, leur regard s'est usé.Vous, vous êtes encore neufs et vous avez le temps de poser les vraies questions.
Merci d'avoir pris un peu de votre temps pour mettre des mots autour de mon travail qui, lui, est muet. Mais on peut dire pas mal de choses même sans paroles, pas vrai ?
Je prends le temps de commenter le très beau texte de Basile :
Quand la matière sort de la tête, elle n’est plus à personne.
Précisément, je travaille essentiellement avec des matériaux de récupération, non achetés. 
D'abord parce que ça ne coûte rien, mais aussi parce je trouve qu'on gaspille trop nos ressources et surtout parce que cette matière qui a déjà servi a fini son temps de service. Elle est à nouveau libre, disponible, prête pour une nouvelle aventure. La matière ne sort pas de la tête, elle sort de la décharge, mais comme dit Basile,  elle est à celles et ceux qui la récupèrent.
Moi, je la détiens et la façonne. Je la fonds et la découpe. Je crée. L’Homme est libre. L'artiste est libre mais la matière lui impose sa logique : c'est dur, c'est froid, c'est sale, ça résiste; ça s'impose parfois. 
C'est plutôt un dialogue, parfois une lutte entre entre la matière et l'humain.
Certains disent que je suis un attrapeur de matière. Belle formule ! Mais j'essaie surtout d'être un attrapeur de sens. Donner une signification à mon travail. Pas faire joli-joli,mais essayer de transmettre une émotion. Dire beaucoup avec pas grand-chose. Quelle vanité  !
Je flâne sur le métal avant de partir vers une cascade de bois. Pour un texte, le support est le papier et les mots l’ornement. 
Hé, les mots c'est pas que de l'ornement. C'est le cœur du message ! Voilà pourquoi on écrit sur tous supports, mur, papier-toilette, bouteille  à la mer, affiche, creux de la main, texto, etc...
Chez moi, le support est le bois et le fer l’ornement. Je n'aime pas ce mot "ornement" car je réfute l'idée de faire joli, décoré orné. Ce qui compte pour moi, c'est le message.
Je taille le bois si vigoureusement que je ne vois plus le temps s’écouler. Le métal fondu se tord en tous sens. 
Pour être précis, je n'ai pas fondu le métal , je l'ai trouvé comme ça. Sur une décharge à ciel ouvert.
Le premier travail consiste à s'y rendre, éviter, les épines et les ferrailles, scier  à la main les morceaux qui m'intéressent.
La fusion entre ces deux matériaux compose une explosion d’art. Belle image !
Je ronronne de bonheur à l’idée d’instaurer une création débordant de beauté, d’originalité et 
surtout de montrer notre égalité envers et contre les différences. Basile. 
Merci Basile ( je vais essayer de ronronner moins fort ).  

Pour répondre à la question de la classe de l'école de Florentin "pourquoi je me suis représenté en granit":
D'abord j'aime la pierre. Je suis fou des pierres. J'ai fait une maison en pierre, des murs en pierres, 
des terrasses en pierres, des chemins en pierres, des sculptures en pierres etc... 
Si ça vous intéresse je pourrai vous envoyer quelques photos. 
Ensuite et surtout, comme tout être humain, je me pose des questions par rapport à la vie, à la mort.
Qu'est-ce que je deviendrai quand je ne serai plus vivant ? que deviendra mon travail ?
je pense qu'il n'y a que quatre façons de répondre à cette question :
- la religion. Tous les croyants qui pensent qu'il y a une autre vie après celle-ci.
- l'amour. de ses parents, de ses frères et sœurs, de son mari ou  de sa femme, de ses enfants,
 de ses proches, de l'humanité toute entière.
-la culture et la science : pour étudier, mieux comprendre, percer les mystères, se grandir.
-enfin la création : artistique, littéraire, l'invention, l'imagination, la réalisation de ses projets.
Moi je me situe avec 10 au carré dans ce moment-là et je souhaite toujours que mon travail dure
plus que moi. Quoi de mieux que la solidité de la pierre pour dire ce message  ?

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